Bonjour,
Je suis étudiant à l’université Charles de Gaulle - Lille3. Détenteur d’un M1 Recherche en histoire depuis juillet 2009, j’ai préparé cette année les concours du CAPES d’Histoire Géographie et de l’agrégation d’histoire. Je suis actuellement admissible au CAPES. J’ai manqué l’admissibilité à l’agrégation de trois points. J’aimerais donc pouvoir repasser l’agrégation l’année prochaine MAIS quand je veux faire ma demande de report de stage, les conditions de demande de report sont claires : étant admissible au CAPES, je ne peux demander une année de report pour repasser l’agrégation qu’à condition d’être admis au CAPES (logique) ET d’avoir un titre de M2 en septembre 2010. Voir le lien suivant :
"https://gvsial.adc.education.fr/gvsial/fiches/option3.htm"
Or, aujourd’hui, mon université vient de publier les mesures transitoires votées par le conseil d’administration le 27 novembre (oui ils ont été un peu long pour la publication) et j’apprends la chose suivante. Si je suis ADMIS au CAPES cette année, mon université me délivrera les 60 crédits du M1 enseignement et m’autorisera à m’inscrire en M2 enseignement l’année prochaine, pour passer les écrits du CAPES en novembre... Cherchez l’erreur.
Voici le lien :
"http://www.univ-lille3.fr/fr/etudiant/inscription-reinscription/inscriptions-cpge-iufm/"
Non seulement on nous invite à nous lancer dans la constitution d’une avalanche de procédures, de dossiers de validations, de dossier de candidature en M2, et j’en passe, alors que nous avons à nous préparer à l’oral du CAPES. Je vous avoue que la préparation des concours a sans cesse été parasitée cette année par les annonces et contre-annonces concernant la réforme. Aujourd’hui j’apprends que je ne pourrai sans doute pas passer l’agrégation l’année prochaine alors que j’ai pu le faire cette année. Tous les étudiants voient leurs projets personnels bousculés, remis en question, perturbés. Nous nous sentons impuissants et surtout incompris par les directions de nos UFR et l’administration de nos universités.
Voici l’e-mail que j’ai envoyé à mon directeur d’UFR hier soir (ce dernier ne me croit pas quand je lui dis que je pourrai pas m’inscrire à l’agrégation pour la session 2010-2011) :
"Bonsoir,
Comme vous me l’avez conseillé tout à l’heure, j’ai en effet consulté à nouveau le guide des concours, et plus particulièrement la page suivante : "http://www.guide-concours-enseignan..." qui énumère les conditions d’inscription au concours externe de l’agrégation.
En effet, il est indiqué qu’il faudra "justifier à la date de publication des résultats d’admissibilité" de l’agrégation, d’un titre de Master (120 ECTS). Je conviens donc avec vous de la chose suivante : a priori il est possible de s’inscrire au concours sans détenir le master. Cependant, cela pose un autre problème : comment est-ce techniquement possible de préparer et passer l’agrégation, tout en validant avant juin un Master2 (ce qui implique mémoire et/ou stage selon le format du master), en validant le CLES niveau 2 et le C2i niveau enseignant ?
Autre problème, autre incohérence dans l’application de cette réforme : les étudiants admissibles au CAPES (je suis dans ce cas) et qui demandent une année de report de stage pour préparer l’agrégation, doivent être lauréat du CAPES et en possession du Master2 en septembre 2010 (cela suppose-t-il que l’admission au CAPES implique la délivrance du M2 enseignement ? ce qui ne serait pas illogique...). Je cite, là encore, la source officielle (à savoir la page face à laquelle les étudiants se trouvent lorsqu’ils font leur voeux) :
" Préparer l’agrégation Uniquement si vous êtes lauréat du concours externe du CAPES, du CAPET, du CAPEPS ou du CAPLP de la session en cours. Vous devrez être, le 1er septembre 2010, en possession du Master 2 ou diplôme équivalent. "
Ma conclusion est donc la suivante : les étudiants qui sont admissibles au CAPES en 2010 (et donc susceptibles, en cas d’admission, de se voir délivrer le M2 enseignement - suivant la logique de la mastérisation !) doivent justifier du titre de M2 en septembre 2010 afin de pouvoir passer l’agrégation en 2011. Quant aux autres (ceux qui n’ont pas encore préparé les concours ou ne sont pas admissibles), ils peuvent s’inscrire au concours de l’agrégation à condition de valider un Master d’ici juin 2011. Cela laisserait en effet la possibilité (sans doute pour la dernière année avant la fin des mesures transitoires) aux étudiants de préparer à la fois le CAPES et l’agrégation la même année. Prenons l’exemple d’un étudiant inscrit en M1 Recherche cette année : Il valide un M1 enseignement qui lui permet de s’inscrire en septembre en M2 enseignement et en préparation à l’agrégation. Il a jusqu’en juin 2011 pour : passer le CAPES et l’agrégation, faire son stage, valider son M2 enseignement (espérons pour lui que son université ne soit pas bloquée entre temps !). En sachant que l’année prochaine les nouvelles questions au programme ne sont plus les mêmes pour le CAPES et l’agrégation, la mission devient extrêmement difficile. Pour la session 2012, elle sera impossible.
Voilà mon interprétation des choses. Les admissibles au CAPES peuvent passer l’agrégation l’année prochaine, oui, mais il leur faut l’admission au CAPES et un M2 pour septembre 2010. C’est écrit. Ou alors les rédacteurs de la page web ont fait une erreur.
Je m’excuse sincèrement d’insister grossièrement mais depuis quelques jours j’ai l’impression de jouer les Cassandre et de ne pas être compris alors que je ne fais que dire ce qui est écrit. Et ce qui est écrit m’indique que si je n’ai pas de M2 en septembre 2010 je ne pourrai pas obtenir d’année de report pour repasser l’agrégation en 2011. Et vous ne pourrez pas m’empêcher de trouver cela particulièrement injuste. C’est la raison pour laquelle je déposerai à l’UFR courant juin un dossier de demande de validation de M2 enseignement (dont l’issue dépendra des résultats d’admission au CAPES publié le 10 juillet et de l’interprétation que voudra bien donner la commission de validation à ces résultats) en plus d’une demande de validation de M1 enseignement.
En m’excusant à nouveau pour les désagréments occasionnés par mon esprit
têtu, tenace, et déterminé (et sans doute agaçant j’en conviens), je vous
prie d’agréer, Monsieur le directeur de l’UFR des Sciences Historiques,
Artistiques et Politiques, l’expression de mes sentiments distingués et de
mon respect.
—
XXX"
Il était important pour moi d’avertir "Sauvons l’université" des conséquences concrètes de l’application de la réforme des concours. La réalité est la suivante : passer l’agrégation devient quasiment impossible. Le dernier ascenseur social de la République est sans doute en train de se bloquer et de nous échapper. Vivre et subir cette réforme a quelque chose de cauchemardesque, et de pénible nerveusement. Ajoutons que nous avons souvent manqué d’informations claires, ou alors que les informations sont toujours venues très tard et de manière peu claire. Le ressentiment et la haine à l’égard de ceux qui ont mené cette réforme est à son comble. De plus, des rumeurs nous ont appris que des mesures dérogatoires permettraient aux élèves des ENS de passer l’agrégation l’an prochain sans M2. Pourquoi eux et pas nous ?
Merci de votre écoute, et merci pour votre combat, continuez !